Communiqué de presse du 15 janvier 2010
La catastrophe naturelle qui a touché l'île d'Hispaniola (dans l'arc des Caraïbes) la 12 janvier 2010 et plus particulièrement la capitale de Haïti, Port-au-Prince, était attendue par les spécialistes sans qu'on puisse bien sûr prévoir le lieu exact et le moment ou se séisme allait se déclencher. Les conséquences dues a une impréparation à ce genre d'événement dans une région surpeuplée, ont conduit à la plus grande tragédie naturelle depuis le tsunamis d'Indonésie, en 2006.
- Les causes : Les Caraïbes sont une zone tectonique majeure de la Planète. Cela est du au déplacement vers l'Est de la plaque Caraïbe qui, a l'origine, était une partie de la plaque océanique du Pacifique. Cette plaque Caraïbe est venue recouvrir la partie occidentale de l'océan Atlantique central. La figure 1 due à Jolly et al. (2006) montre que ce déplacement a commencé il y a près de 110 millions d ‘années et se poursuit encore à la vitesse de 2cm/an.
Cette plaque caraïbe est guidée par deux « rails » qui sont des failles majeures, la faille Nord qui sépare la plaque caraïbe du bloc Nord américain et faille sud Caraïbe qui sépare la plaque caraïbe du bloc sud américain. Les deux failles ont une sismicité importante car elles ne sont pas rectilignes et, à l'instar des « rails » qui déviant localement peuvent entraîner des déraillements de trains, les failles irrégulières créent des zones de compression qui, lorsqu'elles se « relaxent », déclenchent des séismes.
L'île d'Hispaniola qui, à l'origine (Il y a 110 Ma), se trouvait à la place du Guatemala actuel est aujourd'hui sur la bordure Nord de la plaque Caraïbe où elle est traversée par la faille Nord caraïbe : ce qui occasionne de nombreux séismes dont un de l'importance du séisme du 12 janvier dernier, tous les siècles environ.
Le dernier séisme majeur de magnitude presque similaire à celui de cette semaine (magnitude 7) ayant au lieu, en Haïti, en 1842 (6.7 sur l'échelle de Richter) il était prévu qu'un autre aurait lieu au début du 21eme siècle. La ville de Port-au-Prince avait été déjà été détruite en 1770 par un séisme de même magnitude que celui du 12 janvier. Mais à l'époque la ville ne comptait quelques centaines d'habitant au lieu de 2 millions aujourd'hui.
- Les Conséquences : Ce séisme qui a duré plus d'une minute et dont l'épicentre n'était qu'a 17 km, au Sud de la capitale de Haïti à presque complètement détruit la ville de Port-au-Prince et les villages avoisinants. Les victimes se comptent par dizaine de milliers (vraisemblablement plus de 50 000) ce qui en fait l'une des catastrophes les plus meurtrières de ce siècle. Or, si l'on ne pouvait prévoir le lieu et l'heure du séisme (la détection des prémices des séisme n'étant pas encore aussi précise) on pouvait sécuriser les bâtiments à étage (ce qui ont et été plus meurtriers) en imposant un minimum de normes anti-sismiques à ces constructions.
Comme en Italie récemment, la fragilité des bâtiments due au non respect des normes de sécurité a conduit à un désastre humain et matériel. Un séisme de la même amplitude au Japon n'aurait vraisemblablement fait que quelques dizaines de victimes.
- Les propositions : Il est évident pour « l'Alliance Ecologiste Indépendante » qu'il faut désormais se pencher sérieusement sur la détection précoce des séisme et être vigilants sur les normes imposées aux constructions et ce non seulement dans l'île d'Hispaniola mais dans toutes les îles des Caraïbes, y compris dans les Antilles françaises.
D'autre part, on sait que si le séisme avait eu lieu en mer, il aurait pu provoquer un Tsunami le long des failles Nord et Sud Caraïbe. Ce tsunami qui aurait été peu important à cause de la géométrie de ces failles, aurait pu cependant faire des victimes.
Par contre, dans la zone des Antilles, les tsunamis devraient être beaucoup plus importants à cause de la zone de subduction frontale de l'océan Atlantique sous la plaque Caraïbe. Or, les stations de détection de tsunamis prévues pour 2009 par les Nations Unis (à la suite du tsunami d'Asie du SUD-EST) pour la zone Caraïbe, n'existent toujours pas (pas plus d'ailleurs qu'elles n'existent en Méditerranée occidentale).
En Conclusion : Les drames récents et notamment celui de cette semaine en Haïti nous rappellent que les risques naturels existent en permanence même si la mémoire des autorités a tendance à s'estomper rapidement après le premier choc émotionnel rendu planétaire par les médias.
« L'Alliance Ecologiste Indépendante » qui se préoccupe du sort de ses concitoyens et non des combinaisons politiques, demande une réévaluation des risques sismiques en région PACA, compte tenu que le séisme majeur de Lambesc (6.2 sur l'échelle de Richter) ne peut être négligé, à la lumière de ce qui s'est passé en Haïti.
Michel Villeneuve,
Alliance Ecologiste Indépendante,
Téléphone : 06 16 58 81 73
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